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Un puriste de génie. L'enfance ni l'éducation d'Ettore Bugatti ne le destinent à ce qui deviendra son titre de gloire : la construction automobile au sommet, celle où le rêve roule de pair avec la réalité. Au sortir de l'adolescence, il construit un tricycle qui court sans succès le Paris-Bordeaux de 1899. Sa première 4 cylindres à soupapes en tête et boîte 4 vitesses date de ses dix-huit ans ! Génie précoce et précurseur, l'entrée en guerre de l'Italie en 1915 le mène à étudier un moteur d'aéroplane pour les Alliés. Il dessine un 8 cylindres en ligne avec 4 soupapes par cylindre et un unique arbre à cames en tête, de 250 HP à 2 160 tr/mn Le projet n'étant pas suivi, Ettore, réfugié dans un bureau de Neudon, près de Paris imagine d'accoupler deux de ses moteurs sous un seul carter. Ce sera le H-16 de 500 HP que les États-Unis s'empressent d'acheter pour le faire fabriquer à 5000 exemplaires sous le nom de King Bugatti. Breguet, autant que Napier (Grande-Bretagne) et Mann (Allemagne) s'inspireront du King par la suite. Les années 20 voient Monsieur Bugatti, désormais citoyen français à part entière, accéder au sommet de la gloire automobile. En deux saisons consécutives, ses voitures raflent un millier de victoires, écrasant record qui ne sera jamais seulement approché par aucune autre marque. Et notre homme se tourne à nouveau vers l'aéronautique. Vieil habitué de la perfection, il n'ambitionne rien moins que de décrocher la Coupe Deutsch de la Meurthe 1938. Sur les rangs s'alignent aussi Max Holste, le futur père des Broussard, Roland Payen et son PA-100 malchanceux, la C.A.P.K.A, Linel et Regnier. |